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Glaucome : quels traitements en 2026 ? Collyres, laser, chirurgie (le guide complet)

Relais Vision14 min de lecture
Glaucome : quels traitements en 2026 ? Collyres, laser, chirurgie (le guide complet)

En bref. Le glaucome ne se guérit pas, mais il se contrôle dans la grande majorité des cas. Le traitement de première intention repose sur des collyres hypotenseurs (prostaglandines, bêta-bloquants) à instiller à vie. Quand les gouttes ne suffisent pas ou sont mal tolérées, on propose un traitement laser (SLT pour le glaucome à angle ouvert, iridotomie pour l'angle fermé), puis une chirurgie (MIGS mini-invasive, trabéculectomie, sclérectomie profonde non perforante ou valve).

L'objectif est toujours le même : faire baisser la pression intraoculaire pour stopper la destruction du nerf optique. La surveillance régulière (champ visuel, OCT, tonus oculaire) tous les 3 à 6 mois est aussi importante que le traitement lui-même — et c'est là qu'un orthoptiste du réseau Relais Vision peut vous voir rapidement, sans attendre plusieurs mois.

Vous venez d'apprendre que vous avez un glaucome, ou vous suspectez d'en avoir un, et vous cherchez à comprendre ce qui vous attend ? Cet article vous explique tous les traitements existants, dans quel ordre ils sont proposés, combien ils coûtent, ce qu'ils remboursent — et surtout comment organiser un suivi rapide pour ne pas perdre de temps face à une maladie qui, sans surveillance, peut mener à la cécité.

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Rappel express : qu'est-ce qu'un glaucome ?

Le glaucome est une neuropathie optique chronique : le nerf optique se détériore progressivement, presque toujours à cause d'une pression intraoculaire (PIO) trop élevée. Le champ visuel se rétrécit peu à peu, en commençant par la périphérie — d'où le surnom de « voleur silencieux de la vue » : le patient ne s'en rend compte qu'à un stade avancé.

On distingue principalement :

  • Le glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) — 80 % des cas, évolution lente, souvent asymptomatique jusqu'à un stade avancé.
  • Le glaucome à angle fermé — plus rare, peut se déclarer brutalement (crise aiguë, urgence).
  • Le glaucome à pression normale — le nerf optique est abîmé malgré une PIO dans les normes.
  • Les glaucomes secondaires — liés à un traumatisme, une inflammation, un diabète, une corticothérapie prolongée, etc.

Le glaucome touche environ 1 à 2 % de la population après 40 ans, et jusqu'à 10 % après 70 ans. En France, on estime que près de la moitié des glaucomateux ignorent qu'ils le sont. D'où l'intérêt majeur du dépistage.

Les 3 grandes familles de traitement du glaucome

Il n'existe aucun traitement curatif du glaucome : les lésions du nerf optique sont irréversibles. En revanche, on peut stopper ou fortement ralentir la progression en abaissant la pression intraoculaire. C'est le seul levier thérapeutique validé aujourd'hui.

Trois grandes familles de traitements, proposées en escalade progressive :

1. Le traitement médicamenteux (collyres)

C'est la première ligne, dans la quasi-totalité des cas de glaucome à angle ouvert. Le patient s'instille un ou plusieurs collyres, à vie, une à deux fois par jour.

Les principales classes de collyres hypotenseurs :

Classe Exemples de molécules Mécanisme Effets secondaires fréquents
Analogues des prostaglandines Latanoprost, bimatoprost, travoprost, tafluprost Augmentent l'évacuation de l'humeur aqueuse Rougeur oculaire, allongement des cils, pigmentation de l'iris
Bêta-bloquants Timolol, cartéolol, bétaxolol Diminuent la production d'humeur aqueuse Bradycardie, asthme aggravé (contre-indication)
Inhibiteurs de l'anhydrase carbonique Dorzolamide, brinzolamide Diminuent la production d'humeur aqueuse Goût amer, brûlure oculaire
Alpha-2 agonistes Brimonidine, apraclonidine Diminuent la production + augmentent l'évacuation Somnolence, sécheresse buccale, allergie
Inhibiteurs de la Rho-kinase (récents) Nétarsudil Améliorent l'évacuation par le trabéculum Rougeur, hémorragies conjonctivales
Combinaisons fixes Ex : latanoprost + timolol Deux molécules dans un même flacon

Les prostaglandines sont aujourd'hui le traitement de première intention dans la plupart des cas : une seule instillation par jour, très efficace (baisse de 25 à 35 % de la PIO), globalement bien tolérée.

Point important. Les collyres ne fonctionnent que si on les instille tous les jours, sans oubli. L'observance est le principal problème : jusqu'à 50 % des patients arrêtent ou espacent leur traitement dans les 12 mois. C'est aussi pour ça qu'un suivi régulier est indispensable.

2. Le traitement laser

Quand les collyres ne suffisent pas, sont mal tolérés, ou pour éviter la contrainte quotidienne, on propose un traitement laser. Deux techniques principales :

  • La trabéculoplastie sélective au laser (SLT) — indiquée dans le glaucome à angle ouvert. Le laser cible les cellules pigmentées du trabéculum pour améliorer l'évacuation de l'humeur aqueuse. Séance de 5 à 10 minutes, en ambulatoire, indolore. Efficacité : baisse de 20 à 30 % de la PIO chez 70 à 80 % des patients. Effet qui s'estompe en 2 à 5 ans — la séance peut alors être renouvelée.
  • L'iridotomie périphérique au laser YAG — indiquée dans le glaucome à angle fermé ou en prévention chez les yeux à angle étroit. On perce un micro-trou dans l'iris pour rétablir la circulation de l'humeur aqueuse. Séance brève, en ambulatoire. Le laser SLT est de plus en plus proposé en première intention, avant même les collyres, notamment depuis les résultats de l'étude LiGHT (Lancet, 2019) qui a montré une efficacité comparable aux prostaglandines, avec une meilleure observance.

3. La chirurgie du glaucome

Réservée aux cas où collyres et laser ne suffisent pas à contrôler la PIO, ou en cas de progression avérée du champ visuel. Plusieurs techniques :

  • Les MIGS (Minimally Invasive Glaucoma Surgery) — chirurgies mini-invasives récentes (implants iStent, Hydrus, XEN, PreserFlo). Elles se réalisent souvent au moment d'une chirurgie de la cataracte. Baisse modérée de la PIO, mais peu de complications.
  • La sclérectomie profonde non perforante (SPNP) — technique française de référence, non pénétrante, moins de complications que la trabéculectomie.
  • La trabéculectomie — la chirurgie « historique » du glaucome, très efficace mais plus invasive. On crée une petite fistule pour évacuer l'humeur aqueuse sous la conjonctive (formation d'une « bulle de filtration »).
  • Les valves de drainage (Ahmed, Baerveldt) — réservées aux glaucomes réfractaires ou complexes.
  • La cyclodestruction (laser diode, ultrasons focalisés HIFU) — pour les glaucomes très évolués, en réduisant la production d'humeur aqueuse. Toutes ces chirurgies sont réalisées par un ophtalmologiste chirurgien, en clinique ou à l'hôpital.
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Comment est choisi le traitement ? La logique d'escalade

Le choix du traitement ne se fait pas au hasard. Votre ophtalmologiste suit une logique d'escalade thérapeutique, adaptée à votre PIO, à votre stade, à votre âge, à vos antécédents et à votre tolérance :

  1. Étape 1 — Monothérapie par collyre (le plus souvent une prostaglandine). Objectif : baisser la PIO d'au moins 20 à 30 %.
  2. Étape 2 — Bithérapie ou trithérapie si l'objectif n'est pas atteint. On associe deux ou trois classes, souvent en combinaison fixe pour limiter les instillations.
  3. Étape 3 — Laser SLT en remplacement ou en complément.
  4. Étape 4 — Chirurgie (MIGS, sclérectomie, trabéculectomie) si la maladie continue de progresser malgré les traitements médicaux et laser. À chaque étape, l'ophtalmologiste vérifie deux choses : la PIO (tonométrie) et la progression du champ visuel (périmétrie) + OCT du nerf optique. Si le champ visuel se dégrade, on passe à l'étape suivante, même si la PIO paraît « acceptable ».

Quel traitement pour quel type de glaucome ?

Type de glaucome Traitement de 1ère intention Alternatives
Glaucome à angle ouvert (GPAO) Collyre prostaglandine ou laser SLT Bithérapie, MIGS, SPNP, trabéculectomie
Glaucome à angle fermé Iridotomie au laser YAG (urgence) + collyres Chirurgie de la cataracte, chirurgie filtrante
Crise aiguë de fermeture de l'angle Traitement médical d'urgence + iridotomie laser
Glaucome à pression normale Collyre prostaglandine (viser une PIO très basse) Neuroprotection (études en cours), chirurgie
Glaucome congénital / du nourrisson Chirurgie précoce (trabéculotomie, goniotomie) Collyres en complément
Glaucome secondaire (uvéite, traumatique, néovasculaire…) Traitement de la cause + collyres Chirurgie, valve de drainage

Prix et remboursement des traitements du glaucome

Les collyres

Les collyres hypotenseurs sont remboursés à 65 % par l'Assurance Maladie sur prescription, et le complément par la mutuelle. Un traitement mensuel coûte en général entre 10 et 30 € avant remboursement selon la molécule.

Le laser SLT

Réalisé en cabinet ou en clinique, en secteur 1 ou 2. Tarif conventionné autour de 200 à 400 € par séance et par œil, remboursé par l'Assurance Maladie. Les éventuels dépassements d'honoraires sont pris en charge par la mutuelle selon le contrat.

La chirurgie du glaucome

Prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie (acte hospitalier, hors dépassements d'honoraires). Les dépassements peuvent varier de quelques centaines à plus de 1 000 € selon le chirurgien et l'établissement.

Note. Ces montants sont indicatifs et peuvent évoluer. Pour vérifier ce qui vous sera facturé, demandez toujours un devis à votre praticien ou renseignez-vous auprès de votre mutuelle.

Comment ralentir la progression au quotidien ?

Au-delà du traitement médical, quelques habitudes peuvent aider :

  • Instiller ses collyres sans oubli, à heure fixe. Un simple oubli quotidien réduit fortement l'efficacité.
  • Ne pas fumer. Le tabac est un facteur de risque avéré de progression.
  • Faire de l'exercice aérobie régulier (marche rapide, natation, vélo). Il fait légèrement baisser la PIO.
  • Éviter les postures tête en bas prolongées (certaines postures de yoga, musculation avec Valsalva).
  • Limiter caféine excessive et alcool en grandes quantités.
  • Bien dormir, en évitant de dormir sur le ventre le visage écrasé contre l'oreiller.
  • Consulter régulièrement pour surveiller le champ visuel et l'OCT — c'est le point le plus important.

Le rôle clé de l'orthoptiste dans le suivi de votre glaucome

Un glaucome se surveille à vie, tous les 3 à 6 mois selon le stade. Cela veut dire, pour chaque patient : plusieurs examens par an — champ visuel, OCT du nerf optique, tonométrie, gonioscopie éventuellement.

Or, aujourd'hui en France, le délai moyen pour un rendez-vous ophtalmologique dépasse 3 mois, et bien plus dans certaines régions. Beaucoup de patients glaucomateux repoussent leurs contrôles, faute de créneaux — et prennent le risque d'une progression silencieuse.

C'est là qu'intervient l'orthoptiste. Dans le cadre des protocoles de téléophtalmologie, l'orthoptiste peut réaliser tous les examens de suivi du glaucome et les transmettre à un ophtalmologiste qui les interprète à distance :

  • Mesure de la pression intraoculaire (tonométrie)
  • Champ visuel (périmétrie automatisée)
  • OCT du nerf optique et des fibres nerveuses rétiniennes
  • Photographies du fond d'œil
  • Rétinographie non mydriatique Résultat : un suivi complet, rapide, remboursé, sans attendre 6 mois pour un rendez-vous ophtalmologique classique. En cas d'anomalie, l'orthopiste vous oriente immédiatement vers l'ophtalmologiste.

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FAQ — Vos questions sur le traitement du glaucome

Comment stopper la progression du glaucome ?

On ne « guérit » pas le glaucome, mais on peut stopper sa progression en abaissant durablement la pression intraoculaire. Cela repose sur trois piliers : un traitement adapté (collyres, laser ou chirurgie), une observance rigoureuse (ne pas oublier ses gouttes), et un suivi régulier tous les 3 à 6 mois (champ visuel, OCT). Un mode de vie sain (pas de tabac, activité physique modérée) aide aussi.

Quand faut-il se faire opérer d'un glaucome ?

La chirurgie est envisagée quand :

  • Les collyres et le laser ne permettent pas d'atteindre l'objectif de pression fixé par l'ophtalmologiste.
  • Le champ visuel continue de se dégrader malgré le traitement médical maximal.
  • Le patient ne supporte pas les collyres (allergie, effets secondaires majeurs).
  • L'observance est impossible (personnes âgées isolées, troubles cognitifs). Le choix entre MIGS, sclérectomie profonde non perforante, trabéculectomie ou valve dépend du stade, de l'âge et des antécédents. La décision revient toujours à votre ophtalmologiste chirurgien.

Quel est le nouveau traitement contre le glaucome ?

Plusieurs pistes récentes :

  • Les inhibiteurs de la Rho-kinase (nétarsudil) — nouvelle classe de collyres qui améliore l'évacuation par le trabéculum.
  • Les MIGS (implants iStent, Hydrus, XEN, PreserFlo) — chirurgies mini-invasives à faible risque.
  • Les ultrasons focalisés (HIFU) — technique de cyclodestruction moins agressive.
  • Le laser SLT en première intention — de plus en plus proposé avant même les collyres.
  • Les traitements neuroprotecteurs — recherche active, aucun n'a encore fait la preuve de son efficacité clinique.

Quelles choses devriez-vous éviter si vous avez un glaucome ?

Quelques précautions :

  • Ne pas oublier vos collyres, même une journée.
  • Éviter les postures tête en bas prolongées (certains yogas, musculation en apnée).
  • Limiter la caféine en très grande quantité (plusieurs cafés d'affilée) et l'alcool en excès.
  • Attention à certains médicaments (corticoïdes prolongés, certains antidépresseurs, antihistaminiques) : signalez toujours votre glaucome à tout prescripteur.
  • Ne pas espacer vos rendez-vous de suivi, même si vous vous sentez bien : le glaucome est silencieux.

Peut-on vivre longtemps avec un glaucome ?

Oui, absolument. Le glaucome n'affecte pas l'espérance de vie. Diagnostiqué tôt et bien traité, il permet de conserver une vision fonctionnelle toute sa vie. Le risque de cécité concerne surtout les patients diagnostiqués tardivement ou non observants.

Le glaucome est-il héréditaire ?

En partie oui. Avoir un parent (père, mère, frère, sœur) glaucomateux multiplie par 4 à 10 le risque de développer soi-même la maladie. C'est pourquoi un dépistage systématique est recommandé dès 40 ans en cas d'antécédent familial, et dès 50 ans dans la population générale.

Les collyres pour le glaucome se prennent-ils à vie ?

Dans la très grande majorité des cas, oui. Le glaucome étant une maladie chronique, l'arrêt du traitement entraîne une remontée de la pression et donc une reprise de la destruction du nerf optique. Un traitement laser ou chirurgical peut parfois permettre de diminuer le nombre de collyres, plus rarement de les arrêter complètement.

Que faire en cas de crise aiguë de glaucome à angle fermé ?

C'est une urgence ophtalmologique absolue. Symptômes : douleur oculaire intense, œil rouge, vision floue avec halos colorés autour des lumières, nausées, vomissements, maux de tête. Rendez-vous immédiatement aux urgences ophtalmologiques ou appelez le 15. Le traitement associe collyres, perfusion et iridotomie laser en urgence.

Conclusion : le meilleur traitement, c'est celui qu'on suit dans la durée

Le traitement du glaucome a énormément progressé : collyres bien tolérés, laser SLT efficace en première intention, chirurgies mini-invasives à faible risque. Mais quel que soit le traitement, son efficacité dépend d'un suivi régulier. Un glaucomateux qui ne fait pas ses contrôles annuels perd les bénéfices de son traitement.

Si vous êtes traité pour un glaucome ou si vous avez un doute (antécédents familiaux, myopie forte, pression oculaire limite), n'attendez pas plusieurs mois pour un rendez-vous : les orthoptistes du réseau Relais Vision réalisent votre dépistage ou votre bilan de suivi rapidement, en coordination avec votre ophtalmologiste.

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Pour aller plus loin sur relais-vision.fr :

Contenu à visée informative; Il ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Le diagnostic et la prescription du traitement du glaucome relèvent exclusivement de l'ophtalmologiste. Dernière mise à jour : juillet 2026.

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