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Comment devenir orthoptiste en 2026 : études, reconversion, salaire et installation

Relais Vision14 min de lecture
Comment devenir orthoptiste en 2026 : études, reconversion, salaire et installation

Ce qu'il faut retenir en 30 secondes

Pour devenir orthoptiste en France, un seul diplôme est reconnu : le Certificat de Capacité d'Orthoptiste (CCO), un Bac+3 préparé en 3 ans dans une université publique habilitée. L'accès se fait via Parcoursup, sans concours depuis 2020 : la sélection repose sur le dossier scolaire et, selon les établissements, un entretien oral. Il n'existe aucune limite d'âge, ce qui rend la reconversion possible à tout moment. À la sortie, l'insertion professionnelle est quasi immédiate et les débouchés sont particulièrement solides en exercice libéral.

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1. Qu'est-ce qu'un orthoptiste, concrètement ?

L'orthoptiste est un professionnel de santé paramédical spécialisé dans la rééducation et l'exploration de la fonction visuelle. On le surnomme volontiers le « kiné des yeux » : là où le kinésithérapeute rééduque les muscles du corps, l'orthoptiste travaille sur les muscles oculomoteurs et sur la coordination binoculaire.

Ses missions principales :

  • Dépistage des troubles visuels : strabisme, amblyopie, troubles de la convergence, fatigue visuelle
  • Réalisation de bilans orthoptiques complets et d'explorations fonctionnelles
  • Programmes de rééducation personnalisés, séance après séance
  • Accompagnement en basse vision et en réadaptation visuelle Il reçoit des patients de tous âges — du nourrisson à la personne âgée — le plus souvent sur prescription médicale (ophtalmologue, médecin généraliste, pédiatre).

Depuis 2022, le champ de compétences s'est élargi : sous certaines conditions, l'orthoptiste peut réaliser des primo-prescriptions de corrections optiques et recevoir des patients en accès direct, sans passage préalable chez l'ophtalmologue. C'est cette évolution réglementaire qui explique en grande partie l'attractivité actuelle du métier.


2. Quelles études pour devenir orthoptiste ?

Étudiant en orthoptie réalisant un bilan visuel en cabinet

Le Certificat de Capacité d'Orthoptiste (CCO) : l'unique voie

Il n'existe qu'un seul diplôme permettant d'exercer légalement : le Certificat de Capacité d'Orthoptiste. C'est un diplôme d'État de niveau Bac+3, conférant le grade licence (180 crédits ECTS), délivré exclusivement par des universités publiques habilitées par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur.

Aucune école privée ne délivre ce diplôme. Aucune formation intégralement à distance non plus.

Le contenu de la formation

La formation dure 3 ans, soit 6 semestres, et alterne théorie et clinique :

Composante Volume approximatif Contenu
Enseignements théoriques ~1 900 heures Anatomie et physiologie oculaire, pathologies ophtalmologiques, optique géométrique et physiologique, pharmacologie, santé publique, éthique, psychologie
Stages cliniques ~1 400 heures Services hospitaliers d'ophtalmologie, cabinets libéraux d'orthoptie, centres basse vision et handicap, structures pédiatriques
Travail personnel ~1 500 heures Révisions, mémoire, préparation des stages

Année par année

1re année — Les fondamentaux : anatomie, physiologie, optique. Les premiers stages se déroulent généralement en milieu hospitalier, pour se familiariser avec les appareils et les techniques d'examen. C'est l'année la plus exigeante sur le plan théorique.

2e année — Approfondissement des pathologies et diversification des terrains de stage (cabinets libéraux, structures spécialisées). La pratique clinique prend une place croissante.

3e année — Autonomisation progressive. Les stages deviennent prépondérants et l'étudiant rédige puis soutient un mémoire de fin d'études devant un jury.

Le CCO est délivré après validation de l'ensemble des unités d'enseignement, des stages et de la soutenance du mémoire.


3. Est-ce difficile d'entrer en formation d'orthoptiste ?

C'est la question la plus posée — et elle mérite une réponse en deux temps.

L'admission : oui, c'est sélectif

Avec un nombre de places limité à l'échelle nationale et une forte progression des candidatures, la sélection est bien réelle. Les taux d'admission communiqués par les universités se situent le plus souvent entre 30 et 40 % des candidats, avec des écarts importants selon les établissements : Paris, Lyon et Bordeaux figurent parmi les formations les plus demandées.

Ce qui fait la différence sur Parcoursup :

  • Le dossier scolaire, en particulier les résultats en SVT, physique-chimie et mathématiques
  • La lettre de motivation : elle doit démontrer une connaissance réelle du métier, au-delà de sa définition d'encyclopédie
  • Les expériences en lien avec la santé : stage d'observation chez un orthoptiste, bénévolat, accompagnement d'une personne déficiente visuelle
  • L'entretien oral, selon les établissements : attendez-vous à devoir décrire un stage d'observation et à parler des enjeux actuels de la profession (accès direct, délais d'attente, déserts médicaux)

Le conseil qui change tout : réalisez un stage d'observation en cabinet d'orthoptie avant de déposer votre dossier. C'est le point commun de la quasi-totalité des dossiers retenus — et c'est aussi le meilleur moyen de vérifier que le métier vous correspond vraiment.

Une fois admis : dense, mais très réussi

Le taux de réussite au diplôme est élevé — de l'ordre de 95 % dans les formations qui publient leurs chiffres. La charge de travail est importante, mais la progression est structurée. Le vrai point de tension se situe en 3e année, avec la gestion simultanée des cours, des stages et du mémoire.

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4. Quel bac pour devenir orthoptiste ?

Aucune filière n'est officiellement imposée : le baccalauréat (ou un titre équivalent, comme le DAEU) suffit pour candidater. Mais certaines spécialités donnent de bien meilleures bases :

  • Bac général avec SVT — fortement recommandé : socle indispensable pour l'anatomie et la physiologie
  • Bac général avec physique-chimie — très utile pour l'optique géométrique
  • Bac général avec mathématiques — apprécié pour les aspects quantitatifs et statistiques Les bacs technologiques ST2S et STL permettent également de candidater, et les jurys y sont réceptifs lorsque le reste du dossier est cohérent.

Un bac général sans spécialité scientifique n'est pas rédhibitoire, mais il faudra compenser par une motivation solidement argumentée et des expériences de terrain convaincantes.

5. Où se former ? Les universités habilitées en France

La formation ne s'effectue que dans des universités publiques agréées. Voici les sites de formation recensés :

Ville Université
Amiens Université de Picardie Jules Verne
Bordeaux Université de Bordeaux
Caen Université de Caen Normandie
Clermont-Ferrand Université Clermont Auvergne
Dijon Université de Bourgogne
Lille Université de Lille – Faculté H. Warembourg
Limoges ILFOMER – Université de Limoges
Lyon Université Claude Bernard Lyon 1 (ISTR)
Marseille Aix-Marseille Université
Montpellier Université de Montpellier
Nancy Université de Lorraine
Nantes Nantes Université
Paris Sorbonne Université
Paris Université Paris Cité
Rennes Université de Rennes
Strasbourg Université de Strasbourg (IFUO)
Toulouse Université Toulouse III – Paul Sabatier
Tours Université de Tours

Combien ça coûte ? Les frais correspondent aux droits d'inscription universitaires classiques, de l'ordre de 340 € par an (exonération pour les boursiers). Contrairement à d'autres formations paramédicales dispensées en instituts privés, le CCO ne représente pas un investissement de plusieurs milliers d'euros par an.

Combien de places ? Les effectifs varient fortement d'un établissement à l'autre, d'une vingtaine à plus d'une centaine d'étudiants par promotion. Les petites promotions offrent souvent un meilleur encadrement clinique.

6. Devenir orthoptiste en reconversion professionnelle

C'est la question la plus fréquente chez les adultes qui découvrent le métier. La réponse est simple : il n'existe aucune limite d'âge pour intégrer la formation.

Le parcours est identique pour tous

Que vous ayez 20 ou 45 ans, le chemin est le même : Parcoursup, sélection sur dossier, 3 ans de formation, obtention du CCO. La reconversion n'est pas une voie parallèle ou allégée — c'est la formation initiale, ouverte à tous.

Ce qui change, en revanche : votre expérience professionnelle devient un atout si elle est bien mise en récit. Une ancienne secrétaire médicale, un enseignant ayant accompagné des enfants avec troubles des apprentissages, un opticien ou un infirmier souhaitant se spécialiser en rééducation visuelle — ces trajectoires parlent aux jurys.

Les contraintes à anticiper

  • Présence obligatoire : pas de parcours intégralement à distance, des journées souvent de 8h à 18h
  • 3 ans de revenus réduits ou nuls, selon le financement obtenu
  • Une forte disponibilité pour les stages, généralement du lundi au vendredi
  • Une mobilité géographique possible, les sites de formation étant peu nombreux

Comment financer sa reconversion ?

Si vous êtes salarié :

  • Projet de Transition Professionnelle (PTP, ex-CIF) : le dispositif le plus adapté, instruit par Transitions Pro. Il permet de financer la formation tout en maintenant une part importante de la rémunération.

  • Plan de développement des compétences de l'employeur — plus rare pour une reconversion complète. Si vous êtes demandeur d'emploi :

  • Aide Individuelle à la Formation (AIF) de France Travail

  • AREF : maintien de l'allocation de retour à l'emploi pendant la formation Autres pistes :

  • VAE : envisageable si vous justifiez d'une expérience significative en lien avec l'orthoptie ou la rééducation visuelle

  • Bourses sur critères sociaux du CROUS

Conseil pratique : avant même de déposer un vœu Parcoursup, faites une simulation de financement avec un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP). Le service est gratuit (France Travail, OPCO, APEC, Missions locales) et vous évitera de découvrir un blocage budgétaire une fois admis.

7. Orthoptiste ou ophtalmologue : quelles différences ?

La confusion est fréquente. En une phrase : l'ophtalmologue est un médecin qui diagnostique et traite les maladies des yeux ; l'orthoptiste est un professionnel paramédical qui explore et rééduque la fonction visuelle.

Critère Orthoptiste Ophtalmologue
Statut Professionnel de santé paramédical Médecin spécialiste
Durée des études 3 ans (Bac+3) 10 à 12 ans (Bac+10/12)
Prescription de médicaments Non Oui
Prescription de corrections optiques Oui, sous conditions Oui
Chirurgie Non Oui
Diagnostic médical Non Oui
Bilan et diagnostic orthoptique Oui
Mode d'accès patient Sur prescription ou en accès direct Consultation directe

Les deux professions sont complémentaires. Dans de nombreuses structures, l'orthoptiste réalise les examens préliminaires que l'ophtalmologue interprète ensuite : c'est le travail aidé, qui permet de démultiplier le nombre de patients pris en charge et de réduire les délais de rendez-vous.

8. Quel salaire peut-on espérer ?

Le revenu dépend du mode d'exercice, de l'ancienneté et — surtout — de la localisation. Les ordres de grandeur observés sur le marché :

Profil Revenu net mensuel indicatif
Débutant salarié (hôpital public) 1 350 – 1 550 €
Débutant salarié (secteur privé) 1 600 – 1 900 €
Salarié expérimenté (5-10 ans) 1 900 – 2 300 €
Libéral débutant (1-3 ans) 1 800 – 2 500 € (variable)
Libéral installé (5 ans et +) 2 800 – 4 000 €
Libéral en collaboration avec un ophtalmologue 3 000 – 4 500 €

Trois précisions importantes :

Le libéral offre les revenus les plus élevés, mais implique des charges (de l'ordre de 45 % du chiffre d'affaires), une gestion administrative et une variabilité liée à la patientèle. Les revenus les plus hauts correspondent généralement à des semaines chargées.

Le salariat apporte stabilité et protection sociale, avec des revenus plus modérés — en particulier dans la fonction publique hospitalière, où la revalorisation issue du Ségur de la Santé (CTI) s'ajoute au traitement de base.

La localisation est le facteur le plus sous-estimé. Dans les zones sous-dotées en offre de soins visuels, un orthoptiste libéral constitue sa patientèle très rapidement — c'est précisément le terrain sur lequel se déploie le réseau Relais Vision.

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Zones disponibles, prévisionnel de patientèle, outils du cabinet : un échange de 30 min pour y voir clair.

9. Quels débouchés après le CCO ?

Le marché de l'emploi en orthoptie est l'un des plus favorables du secteur paramédical : la demande dépasse largement l'offre, et les délais de rendez-vous s'allongent partout en France.

Les moteurs de cette dynamique :

  • Le vieillissement de la population et la hausse des pathologies visuelles

  • L'explosion des usages d'écrans, chez les enfants comme chez les adultes (myopie, fatigue visuelle)

  • La démographie des ophtalmologues, qui délèguent davantage d'actes

  • L'extension récente des compétences de la profession Les modes d'exercice, en proportion :

  • Environ 57 % en libéral (cabinet individuel, de groupe, ou collaboration avec un ophtalmologue)

  • Environ 30 % salariés (centres de santé, cabinets d'ophtalmologie, cliniques)

  • Environ 13 % en secteur hospitalier public Les spécialisations accessibles après le CCO :

  • Basse vision — forte demande, actes bien valorisés

  • Neuro-ophtalmologie — AVC, traumatismes crâniens, sclérose en plaques

  • Troubles des apprentissages — bilan neurovisuel, dyslexie, dyspraxie

  • Ophtalmologie pédiatrique — strabisme et amblyopie du jeune enfant

  • Posturologie visuelle Les formations complémentaires :

  • Diplômes Universitaires (DU) en basse vision, neuro-ophtalmologie, troubles des apprentissages

  • Master 2 recherche dans certaines universités

  • Diplôme de cadre de santé, après quelques années d'expérience, pour évoluer vers l'encadrement ou la formation

10. Après le diplôme : s'installer en libéral avec Relais Vision

Obtenir le CCO, c'est l'étape 1. L'étape 2 — largement sous-estimée pendant les études — c'est et comment exercer.

Choisir un secteur, estimer le potentiel de patientèle, négocier un local, s'équiper, choisir un logiciel de gestion, structurer ses relations avec les prescripteurs, facturer correctement : rien de tout cela n'est enseigné en formation initiale.

C'est exactement ce que fait Relais Vision. Le réseau accompagne les orthoptistes qui souhaitent s'installer en libéral dans des zones sous-dotées, là où les délais d'attente sont les plus longs et où l'ouverture d'un cabinet répond à un besoin réel de santé publique. Accompagnement à l'installation, choix de la zone, outils métier — dont le logiciel HerVé, conçu pour les orthoptistes — et une communauté de praticiens déjà installés.

Que vous soyez en 3e année, fraîchement diplômé, salarié envisageant le passage en libéral ou en pleine réflexion sur une reconversion : le plus simple est d'en parler directement.

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11. FAQ : les questions les plus posées

Peut-on devenir orthoptiste sans le bac ?

Non. Le baccalauréat, ou un diplôme équivalent comme le DAEU, conditionne l'accès à Parcoursup et donc à la formation. Sans bac, il faut d'abord l'obtenir.

Combien de temps durent les études d'orthoptiste ?

3 ans, soit 6 semestres. C'est l'une des formations paramédicales les plus courtes au regard du niveau de responsabilité exercé.

Un orthoptiste est-il un docteur ?

Non. L'orthoptiste est un professionnel de santé paramédical titulaire d'un Bac+3. Il ne prescrit pas de médicaments et ne réalise pas d'actes chirurgicaux. Le titre de « docteur » est réservé aux médecins.

Comment se passe l'admission en école d'orthoptie ?

Exclusivement via Parcoursup : dossier de candidature (bulletins, lettre de motivation, fiche Avenir), puis, selon les établissements, examen sur dossier seul ou dossier suivi d'un entretien oral.

Y a-t-il un concours pour devenir orthoptiste ?

Non. Depuis 2020, il n'y a plus de concours d'entrée. La sélection s'opère sur dossier Parcoursup et, parfois, sur entretien.

Peut-on devenir orthoptiste à 40 ans ?

Oui, sans aucune restriction d'âge. De nombreux professionnels de santé (infirmiers, opticiens, aides-soignants) se reconvertissent vers l'orthoptie en milieu de carrière, et l'expérience de terrain est valorisée dans les dossiers.

L'orthoptie est-elle un métier réservé aux femmes ?

Non. La profession est très majoritairement féminine, mais les hommes y exercent dans les mêmes conditions et avec les mêmes perspectives d'évolution.

Quelle différence entre orthoptiste et opticien ?

L'opticien adapte et délivre des équipements optiques à partir d'une ordonnance. L'orthoptiste réalise des bilans cliniques et rééduque la fonction visuelle. Deux métiers distincts, deux formations différentes.

Quel est le taux d'emploi après le CCO ?

L'insertion est quasi immédiate : la demande dépasse largement le nombre de diplômés, et la très grande majorité des orthoptistes trouvent un poste ou s'installent dans les mois qui suivent l'obtention du diplôme.

Peut-on s'installer en libéral dès la sortie du diplôme ?

Oui, c'est juridiquement possible. En pratique, beaucoup de jeunes diplômés commencent par un remplacement ou une collaboration pour se roder, avant d'ouvrir leur propre cabinet. Un accompagnement structuré permet de raccourcir nettement cette phase.


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