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Achromatopsie : causes, symptômes, lunettes filtrantes et prise en charge

Relais Vision16 min de lecture
Achromatopsie : causes, symptômes, lunettes filtrantes et prise en charge

L'essentiel en 30 secondes. L'achromatopsie est une maladie génétique rare de la rétine, présente dès la naissance, liée à un dysfonctionnement des cônes, les photorécepteurs responsables de la vision des couleurs et de la vision fine. Elle touche environ 1 personne sur 30 000 et associe quatre signes : absence ou quasi-absence de vision des couleurs, photophobie intense (gêne à la lumière), nystagmus (mouvements involontaires des yeux) et acuité visuelle réduite. Il n'existe aucun traitement curatif à ce jour : la prise en charge repose sur les filtres colorés et lunettes teintées, la correction optique, la rééducation basse vision et les aménagements du quotidien. Des essais de thérapie génique sont en cours, avec des résultats encore modestes.

Qu'est-ce que l'achromatopsie ?

L'achromatopsie, parfois appelée monochromatisme des bâtonnets ou daltonisme total, est une maladie rétinienne héréditaire rare. Elle se caractérise par le dysfonctionnement, dès la naissance, des trois types de cônes de la rétine.

Pour comprendre, il faut distinguer les deux familles de photorécepteurs de l'œil :

  • Les cônes, concentrés au centre de la rétine, assurent la vision des couleurs, la vision fine des détails et fonctionnent en pleine lumière.
  • Les bâtonnets, plus périphériques, assurent la vision en faible luminosité, mais ne perçoivent pas les couleurs.

Chez une personne achromate, les cônes ne remplissent pas leur rôle. La vision repose donc essentiellement sur les bâtonnets, ce qui explique l'ensemble du tableau clinique : pas de couleurs, une vision fine limitée, et un inconfort majeur en pleine lumière, puisque les bâtonnets sont saturés dès qu'il fait clair.

Achromatopsie en bref  
Autres nomsMonochromatisme des bâtonnets, daltonisme total, cécité totale aux couleurs
PrévalenceEnviron 1 personne sur 30 000 (estimations de 1/30 000 à 1/50 000)
TransmissionAutosomique récessive : les deux parents doivent transmettre le gène muté
Gènes identifiésCNGA3 et CNGB3 (plus de 80 à 90 % des cas), GNAT2, PDE6C, PDE6H, ATF6
Âge d'apparitionPremières semaines ou premiers mois de vie
ÉvolutionConsidérée comme globalement stationnaire, sans aggravation majeure avec l'âge
Traitement curatifAucun à ce jour ; recherche active en thérapie génique
Prise en chargeFiltres et lunettes teintées, correction optique, rééducation basse vision, aménagements scolaires et professionnels

Les symptômes de l'achromatopsie

Quatre signes forment le tableau caractéristique. Ils apparaissent très tôt, souvent dans les premières semaines de vie.

1. L'absence de vision des couleurs

C'est le symptôme qui donne son nom à la maladie. Dans la forme complète, la perception des couleurs est absente ou quasi absente : le monde est perçu en nuances de gris, de clair et de foncé. Dans les formes incomplètes, une perception résiduelle des couleurs subsiste.

2. La photophobie

C'est souvent le symptôme le plus invalidant au quotidien, bien plus que l'absence de couleurs. La lumière vive est douloureusement éblouissante. Dehors par temps ensoleillé, dans une pièce très éclairée ou face à des reflets, la personne ferme les yeux, plisse fortement les paupières et voit encore moins bien. À l'inverse, elle est souvent plus à l'aise en lumière tamisée ou en fin de journée.

3. Le nystagmus

Des mouvements oscillatoires involontaires des yeux, souvent le tout premier signe repéré par les parents chez le nourrisson. Il a tendance à s'atténuer avec l'âge sans disparaître complètement.

4. La baisse d'acuité visuelle

Les cônes étant responsables de la vision fine, l'acuité visuelle reste durablement réduite, généralement autour d'un à deux dixièmes. Cela place l'achromatopsie dans le champ de la basse vision, avec les aménagements que cela implique. Un défaut de réfraction associé, le plus souvent une hypermétropie, est fréquent.

Quand consulter sans attendre ? Devant un nourrisson ou un jeune enfant qui présente des mouvements involontaires des yeux, une gêne marquée à la lumière, qui ferme systématiquement les yeux dehors ou ne fixe pas le regard, il faut consulter rapidement un ophtalmologiste. Ces signes ne signifient pas forcément une achromatopsie, mais ils justifient toujours un examen : plus la prise en charge visuelle du jeune enfant est précoce, meilleur est le développement de sa fonction visuelle.

Comment voit une personne achromate ?

C'est la question que se posent la plupart des internautes, et l'image du film en noir et blanc n'est que partiellement juste.

Une personne atteinte d'achromatopsie complète perçoit effectivement le monde en nuances de gris, sans teinte. Mais son expérience visuelle se distingue d'une photo noir et blanc sur trois points :

  • L'image est moins nette : l'acuité visuelle réduite empêche de distinguer les détails fins, de lire de loin ou de reconnaître un visage à distance.
  • La scène est souvent trop lumineuse : en plein jour, l'éblouissement dégrade encore la perception.
  • La vision est meilleure en faible luminosité, à l'inverse d'une personne voyante. Beaucoup de personnes achromates décrivent le soir ou les journées grises comme leurs meilleurs moments visuels.

Les personnes achromates s'appuient sur d'autres repères que la couleur : la luminosité relative (un rouge et un vert de même clarté peuvent être impossibles à différencier, alors qu'un jaune clair se distingue bien d'un bleu foncé), la forme, la position et le contexte. Un enfant achromate apprendra par exemple la position des feux tricolores plutôt que leur couleur.

Achromatopsie totale, partielle, acquise : les différentes formes

Forme Caractéristiques
Achromatopsie complète (totale)Les trois types de cônes sont non fonctionnels. Aucune perception des couleurs, photophobie majeure, nystagmus, acuité très réduite.
Achromatopsie incomplète (partielle)Fonction résiduelle des cônes. Symptômes de même nature mais atténués, avec une perception partielle des couleurs et une acuité souvent un peu meilleure.
Achromatopsie congénitaleForme génétique présente dès la naissance : c'est de loin la plus fréquente et celle décrite dans cet article.
Achromatopsie cérébrale (acquise)Très rare. Elle résulte d'une lésion des aires visuelles du cerveau (accident vasculaire, traumatisme, tumeur) et non de la rétine. Elle survient chez une personne qui voyait auparavant les couleurs et peut ne toucher qu'une partie du champ visuel.

Quelles sont les causes de l'achromatopsie ?

L'achromatopsie congénitale est une maladie génétique, transmise sur un mode autosomique récessif. Cela signifie que l'enfant doit recevoir une copie du gène muté de chacun de ses deux parents pour développer la maladie. Les parents, porteurs d'une seule copie, ne présentent généralement aucun symptôme et ignorent souvent qu'ils sont porteurs.

Six gènes ont été identifiés à ce jour : CNGA3 et CNGB3, responsables de la grande majorité des cas, ainsi que GNAT2, PDE6C, PDE6H et ATF6. Tous codent des protéines impliquées dans la cascade de phototransduction des cônes, c'est-à-dire la conversion de la lumière en signal nerveux. Lorsque l'une de ces protéines est défaillante, le cône reçoit la lumière mais ne transmet plus l'information correctement au cerveau.

Ce mode de transmission explique pourquoi la maladie est plus fréquente dans les populations où les unions entre apparentés sont plus courantes, ou au sein de communautés isolées. Le cas le plus connu est celui de l'atoll de Pingelap, en Micronésie, où une proportion inhabituellement élevée d'habitants est achromate, conséquence d'un effet fondateur après une catastrophe naturelle ayant décimé la population.

Achromatopsie, daltonisme et dyschromatopsie : quelles différences ?

Ces trois termes sont souvent confondus, alors qu'ils désignent des réalités très différentes en termes de fréquence et de gravité.

  Dyschromatopsie Daltonisme Achromatopsie
DéfinitionTerme général : toute anomalie de la vision des couleursDyschromatopsie héréditaire, le plus souvent de l'axe rouge-vertAbsence complète ou quasi complète de vision des couleurs
FréquenceVariable selon la causeEnviron 8 % des hommes, 0,5 % des femmesEnviron 1 personne sur 30 000, soit 0,003 %
Autres symptômesSelon la causeAucun : acuité normale, pas de photophobiePhotophobie, nystagmus, acuité réduite
RetentissementVariableGêne ponctuelle, restrictions sur certains métiersSituation de handicap visuel, relève de la basse vision

Retenez la hiérarchie : la dyschromatopsie est la catégorie générale, le daltonisme en est la forme héréditaire courante et bénigne, et l'achromatopsie en est la forme extrême et rare, associée à une baisse de vision.

Un doute sur la vision des couleurs de votre enfant ?

Un bilan visuel chez un orthoptiste permet d'évaluer l'acuité, la vision binoculaire et la vision des couleurs, et d'orienter rapidement vers un ophtalmologiste si un examen complémentaire est nécessaire. Les cabinets Relais Vision reçoivent sur rendez-vous, souvent avec des délais courts.

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Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur un faisceau d'arguments, et il est souvent posé dans la petite enfance, à partir du nystagmus et de la photophobie.

  • L'examen clinique et le bilan visuel : mesure de l'acuité, étude de la réfraction, observation du nystagmus et du comportement face à la lumière.
  • Les tests de vision des couleurs : planches d'Ishihara, test de Farnsworth. Chez le jeune enfant, ces tests sont difficilement interprétables, d'où l'importance des examens objectifs.
  • L'électrorétinogramme (ERG) : c'est l'examen clé. Il mesure séparément la réponse des cônes et celle des bâtonnets. Dans l'achromatopsie, la réponse des cônes (photopique) est très réduite ou absente, alors que celle des bâtonnets (scotopique) reste conservée. Ce profil est très évocateur.
  • L'OCT maculaire : imagerie en coupe de la rétine centrale, qui recherche des anomalies au niveau de la fovéa.
  • Le test génétique : il confirme le diagnostic en identifiant la mutation en cause. Il est déterminant, à la fois pour le conseil génétique familial et pour un éventuel accès à un essai clinique, ces essais étant ciblés sur un gène précis.

Ce parcours se déroule généralement en centre de référence des maladies rares en ophtalmologie, où sont réunis l'ERG, l'imagerie rétinienne, la génétique et le conseil génétique. Votre ophtalmologiste ou votre médecin peut vous y orienter.

Existe-t-il un traitement ? Peut-on guérir de l'achromatopsie ?

Soyons clairs, car c'est une recherche fréquente et la réponse honnête compte plus qu'une formule rassurante : il n'existe aujourd'hui aucun traitement permettant de guérir l'achromatopsie congénitale. Aucun médicament, aucune paire de lunettes et aucune chirurgie ne restaure la fonction des cônes.

Ce qui existe, et qui change réellement le quotidien, c'est la prise en charge des symptômes.

Où en est la thérapie génique ?

La thérapie génique est la piste la plus avancée. Le principe : apporter dans les cônes une copie fonctionnelle du gène défaillant, à l'aide d'un vecteur viral injecté sous la rétine. Plusieurs essais cliniques ont été menés chez l'être humain sur les formes liées à CNGA3 et CNGB3.

L'état des lieux à ce jour est le suivant : les essais montrent une tolérance globalement acceptable, avec des effets indésirables le plus souvent inflammatoires et gérables, mais des bénéfices fonctionnels encore modestes et inconstants, loin d'une restauration de la vision des couleurs. Une difficulté majeure est que les cônes n'ayant jamais fonctionné, les circuits visuels du cerveau ne se sont pas développés comme chez une personne voyante : réparer le capteur ne suffit pas nécessairement à créer la perception. C'est pourquoi la recherche s'intéresse particulièrement à l'intervention précoce, chez l'enfant.

Aucune thérapie génique n'est à ce jour autorisée en routine pour l'achromatopsie. Si vous ou votre enfant êtes concernés, l'accès à la recherche passe par un centre de référence : le test génétique préalable est indispensable, puisque les essais ciblent un gène précis.

Lunettes et filtres : ce qui soulage vraiment

C'est le volet le plus utile au quotidien, et celui qui fait l'objet du plus grand nombre de recherches. L'objectif n'est pas de rendre les couleurs, mais de réduire l'éblouissement pour améliorer le confort et, indirectement, l'acuité fonctionnelle.

  • Verres filtrants teintés, souvent rouges ou magenta foncé : ils réduisent fortement la quantité de lumière atteignant la rétine, en particulier dans les longueurs d'onde qui saturent les bâtonnets. Beaucoup de personnes achromates décrivent un gain de confort très net, et parfois une meilleure perception des contrastes. La teinte et la densité optimales varient d'une personne à l'autre et se déterminent par essais.
  • Lentilles de contact teintées : une alternative pour certains patients, notamment chez l'enfant ou en activité sportive.
  • Verres photochromiques et surlunettes : utiles pour les passages intérieur-extérieur.
  • Casquette à visière, chapeau : simples, immédiats et souvent sous-estimés.
  • Correction optique associée : l'hypermétropie ou l'astigmatisme éventuels doivent être corrigés, ce qui améliore le confort et l'acuité.
  • Aménagement de l'éclairage : lumière indirecte, stores, éviter les surfaces réfléchissantes et le contre-jour.

Attention aux fausses promesses. Les lunettes dites « pour daltoniens », qui filtrent certaines longueurs d'onde pour accentuer le contraste entre rouge et vert, ne fonctionnent pas dans l'achromatopsie : elles supposent des cônes fonctionnels, ce qui n'est précisément pas le cas ici. Le choix des filtres doit se faire avec un ophtalmologiste, un orthoptiste basse vision ou un opticien spécialisé, sur la base d'essais réels, pas d'un argumentaire commercial.

Vivre avec une achromatopsie

À l'école

Un enfant achromate est un enfant en situation de handicap visuel, qui a besoin d'aménagements concrets : place dans la classe à l'abri du contre-jour, documents agrandis et très contrastés, éviter les codes couleur dans les supports pédagogiques, temps supplémentaire, éclairage maîtrisé, autorisation de porter ses filtres en classe et en récréation. Ces aménagements se formalisent dans un PAP ou un PPS, selon la situation, et un dossier peut être déposé auprès de la MDPH.

Au travail et dans la vie courante

L'acuité visuelle réduite rend en pratique l'obtention du permis de conduire impossible dans la forme complète, les exigences réglementaires d'acuité n'étant pas atteintes. Certains métiers exigeant une reconnaissance des couleurs ou une acuité élevée sont également inaccessibles. Beaucoup d'autres restent parfaitement ouverts, à condition d'un poste correctement aménagé : la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé facilite ces adaptations.

La rééducation et la réadaptation basse vision

C'est un volet trop souvent négligé. Un accompagnement en basse vision, mené notamment par des orthoptistes formés, permet d'apprendre à utiliser au mieux la vision disponible : optimisation de la fixation et de l'exploration visuelle, stratégies de lecture, gestion de l'éblouissement, prise en main des aides optiques et électroniques (loupes, vidéo-agrandisseurs, outils d'accessibilité numérique, contrastes élevés et synthèse vocale). L'objectif n'est pas de restaurer la vision, mais l'autonomie.

Se faire accompagner

Le suivi est d'abord porté par l'ophtalmologiste et le centre de référence maladies rares, avec l'appui d'un orthoptiste pour le suivi fonctionnel et la basse vision, d'un opticien spécialisé pour les filtres, et d'un généticien pour le conseil familial. Les associations de patients jouent un rôle important, notamment pour les témoignages de familles, souvent plus parlants que n'importe quel article. Le portail Orphanet recense les centres experts et les associations en France.

Besoin d'un bilan visuel ou d'un suivi orthoptique ?

Les orthoptistes du réseau Relais Vision réalisent des bilans visuels complets et assurent le suivi fonctionnel en lien avec les ophtalmologistes. Pour une pathologie rare comme l'achromatopsie, ce suivi vient en complément de la prise en charge en centre spécialisé, jamais à sa place.

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Questions fréquentes sur l'achromatopsie

Qu'est-ce qu'une personne achromatique ?

Une personne achromate, ou achromatique, est atteinte d'achromatopsie : ses cônes rétiniens ne fonctionnent pas, ce qui la prive de la vision des couleurs. Elle perçoit le monde en nuances de gris, avec une acuité visuelle réduite, une forte gêne à la lumière et souvent un nystagmus. Ce n'est pas un simple daltonisme : l'achromatopsie relève du handicap visuel et concerne environ 1 personne sur 30 000.

Est-ce que des gens voient vraiment en noir et blanc ?

Oui, mais c'est très rare. Les personnes atteintes d'achromatopsie complète ne perçoivent aucune teinte et voient le monde en nuances de gris. Leur vision se distingue toutefois d'une image en noir et blanc : elle est moins nette, très éblouie en pleine lumière, et paradoxalement meilleure en faible luminosité. Dans les formes incomplètes, une perception résiduelle des couleurs subsiste.

Quelle est la cause de la dyschromatopsie ?

Les dyschromatopsies peuvent être héréditaires ou acquises. Les formes héréditaires sont les plus fréquentes : c'est le cas du daltonisme, lié à une anomalie des gènes des pigments des cônes portés par le chromosome X, ce qui explique qu'il touche surtout les hommes, et de l'achromatopsie, de transmission autosomique récessive. Les formes acquises apparaissent au cours de la vie et résultent d'une atteinte de la rétine (DMLA, rétinopathie diabétique), du nerf optique (neuropathies optiques, glaucome évolué), d'une cataracte, de la toxicité de certains médicaments ou d'une lésion cérébrale. Une dyschromatopsie qui apparaît ou s'aggrave chez un adulte doit toujours faire l'objet d'un avis ophtalmologique : c'est parfois le premier signe d'une autre pathologie.

Quelles sont les 4 anomalies de la vision ?

On désigne généralement par là les quatre troubles de la réfraction : la myopie (vision floue de loin), l'hypermétropie (effort d'accommodation, gêne de près), l'astigmatisme (image déformée à toutes distances) et la presbytie (perte progressive de la vision de près à partir de la quarantaine). Ces quatre anomalies se corrigent par des lunettes, des lentilles ou la chirurgie. Elles sont à distinguer des anomalies de la vision des couleurs, comme le daltonisme et l'achromatopsie, qui relèvent d'un tout autre mécanisme et ne se corrigent pas optiquement.

Peut-on guérir de l'achromatopsie ?

Non, il n'existe à ce jour aucun traitement curatif de l'achromatopsie congénitale, ni médicamenteux, ni chirurgical. Des essais de thérapie génique sont menés sur les formes liées aux gènes CNGA3 et CNGB3, avec une tolérance globalement acceptable mais des bénéfices fonctionnels encore modestes, et aucune autorisation en pratique courante. La prise en charge actuelle repose sur les filtres et lunettes teintées, la correction optique, la rééducation basse vision et les aménagements du quotidien.

Quel pourcentage de la population est achromate ?

L'achromatopsie congénitale touche environ 1 personne sur 30 000, soit à peu près 0,003 % de la population, avec des estimations allant de 1/30 000 à 1/50 000. À titre de comparaison, le daltonisme concerne environ 8 % des hommes. Certaines populations isolées présentent des taux bien plus élevés, comme sur l'atoll de Pingelap en Micronésie.

L'achromatopsie s'aggrave-t-elle avec le temps ?

Elle est classiquement considérée comme une affection stationnaire : les cônes étant non fonctionnels dès la naissance, les symptômes n'évoluent généralement pas de façon marquée avec l'âge. Certaines études d'imagerie rétinienne décrivent toutefois des modifications de la rétine centrale au fil du temps chez une partie des patients, ce qui justifie un suivi ophtalmologique régulier.

L'achromatopsie est-elle héréditaire ?

Oui, dans sa forme congénitale. La transmission est autosomique récessive : l'enfant doit hériter d'une copie du gène muté de chacun de ses deux parents. Les parents porteurs n'ont habituellement aucun symptôme. Lorsque les deux parents sont porteurs, le risque est de 1 sur 4 à chaque grossesse. Un conseil génétique permet d'expliquer précisément ce risque à la famille.

Un enfant achromate peut-il suivre une scolarité ordinaire ?

Oui, dans la très grande majorité des cas, à condition que les aménagements soient mis en place : protection contre l'éblouissement, supports agrandis et contrastés, absence de codage par la couleur, place adaptée dans la classe, matériel d'aide à la lecture. Ces adaptations se formalisent dans un PAP ou un PPS, avec l'appui de la MDPH si nécessaire.

Où trouver des témoignages de personnes achromates ?

Auprès des associations de patients dédiées aux maladies rares de la rétine et au handicap visuel, qui organisent des rencontres entre familles et publient des récits de parcours. Le portail Orphanet recense les associations et les centres de référence en France. Ces échanges sont souvent le meilleur soutien pour les parents qui viennent de recevoir le diagnostic.

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